Par sa
situation géographique qui en fait un lieu de croisement des commerces et des
populations, et par son passé d’ancienne puissance coloniale, la Franceest un
pays de migration de longue date.
Actuellement,
la France métropolitaine comptait 4.9 millions d'immigrés d'après l'INSEE ce
qui représente 8.1% de la population totale. Mais il est non négligeable que
ces 4.9 millions de personnes qui vivent dans le territoire français et qui
sont en contact avec toutes les institutions françaises, aient le droit de
voter car ils représentent avant tout la société française.
Tout d’abord
il faut savoir que le droit de vote concerne la vie générale du pays et que
choisir un bon représentant est important car il permet aux citoyens
de voter
pour un État
qui leur correspond et ainsi leur volonté et leur préférence.
De plus, le droit de vote fait
parti des droits fondamentaux d’une démocratie c’ est pourquoi ôter ce droit
aux étrangers impliqués depuis un certain temps dans la société française
serait une preuve d’injustice.
Il faut savoir
aussi que les étrangers résidant sur le sol français ont des devoirs : ils
travaillent et payent des impôts donc participent à l’enrichissement des
caisses de l’Etat, c’est pourquoi il serait naturel que l’Etat leur accorde en
échange des droits dont celui de pouvoir voter. De plus un étranger se voyant
accorder des droits peut réaliser son importance dans la société et ainsi
favoriser son intégration.
Dans l’état
actuel des choses il est visible que l’opinion publique et les politiques se
trouvent plutôtfavorables à cet octroie
du droit de vote. En effet en 1979, Jacques Chirac s’y était déjà montré
favorable mais c’est pendant les années 80, lors du mandat de François
Mitterrand, que la question avait été plus profondément évoquée par les 110
propositions de Mitterrand. Mais celui-ci s’était vite écarté du sujet en
affirmant « l’état actuel des mœurs »ne le permettait pas.
L’accord du
droit de vote devrait être accepté par l’Etat aux étrangers ne serait-ce qu’à
une échelle municipale pour que l’étranger se sente au moins concerné par la
vie et le représentant de sa commune. A cela il faudrait tout de même que
celui-ci résident sur le sol français depuis plusieurs années et qu’il soit en
situation de vie régulière. Cela serait déjà une première étape dans une
éventuelle volonté de naturalisation mais surtout une grande étape dans la
considération et la confiance de l’Etat aux étrangers.
Par
définition, un étranger est une personne qui vient d’une autre nation de celle
dont elle vit actuellement.
Pendant
longtemps le terme d’ « immigré » jusqu'aux années 1870
n’existaient quasiment pas ; il était associé au terme
d’ « étranger » mais étant un terme juridiquement flou. Mais
depuis 1990 le terme d’ « immigré » a été spécialisé dans une
catégorie statistique privilégiée aux démographes. Aujourd’hui un étranger est
vu comme une personne qui apporte ses propres pratiques et représentations
diverses posant parfois des problèmes d’intégration et d’adaptation au pays.
Mais d’un
point de vue juridique, un étranger possède une qualification et des droits
spécifiques variables. En effet, en soi, un étranger dit « immigré »
n’a aucun droit électoral : il ne peut donc pas élire et être élu car il
ne possède pas la nationalité française.
Cependant il peut acquérir la
nationalité française à l’aide de plusieurs moyens élaborés au cours des
années :
-Soit par droit du sol a partir du moment où
l’enfant naît sur le territoire français ilobtient alors la nationalité
dès sa majorité et non la nationalité de ses parents.
-soit par droit du sang alors l’enfant est français
à partir du moment où l’un au moins de ses parents est français au moment de sa
naissance. Mais la filiation n’a
d’effet sur sa nationalité qu’à partir du moment où celle-là est établie
pendant sa minorité
-soit par naturalisation, décret appliqué depuis le 6
mars 1998 ou l’étranger l’obtient dès lors où l’étranger justifie une résidence
habituelle sur le sol français depuis plus de 5ans.
-soit par les
liens du mariage, dont les conditions ont été rétablies le 26 juillet 2006,
ainsi le mariage doit être valide et le déclarant doit être considéré comme
étranger le jour de son mariage.
Cependant un
étrangers émigré d’un pays d’Europe, appelé ressortissant, a le droit de
participer aux élections des conseillers municipaux et des représentants au
Parlement européen dans les mêmes conditions que les électeurs français et ce,
quel que soit le pays dans lequel il se trouve. Cependant Sont considérés comme
résidant les citoyens de l'Union européenne quiont leur domicile réel ou qui y résident de
façon continue dans un pays d’Europe. En effet cette loi est appliquée depuis
1992, depuis de traité de Maastricht qui établit la nationalité aux citoyens
des états membres et affirmant mot pour mot : "tout citoyen de
l’Union résidant dans un État membre dont il n’est pas ressortissant a le droit
de vote et d’éligibilité aux élections au Parlement européen dans l’État membre
où il réside, dans les mêmes conditions que les ressortissants de cet
État".
Dans le cas des
étrangers n’étant pas ressortissants européens, aucun droit électoral ne leur
est accordé d’après l’article 3 de la Constitution disant
que : « sont électeurs dans les conditions déterminées par la
loi, tous les nationaux français majeurs des deux sexes, jouissant de leurs
droits civils ». C’est pourquoi pour devenir un « national
français », il leur faut détenir une carte de résident ou bien obtenir la
nationalité française établie par les conditions citées précédemment. Pour
devenir résident, l’étranger doitavoir
vécu plus de 10 ans de manière continue sur le territoire français, il doit
être en situation de vie régulière et posséder un visa. Cependant être étranger
ne rime pas avec une absence totale de droit électoraux : en effet, le droit de vote des
étrangers n’est seulement pas autorisé pour les élections politiques.
Les étrangers peuvent donc participer aux élections professionnelles comme l’élection
des conseillers prud’homaux, ou universitaires.
Jusqu’au
XXe siècle, la population étrangère était peu conséquente en France,
l’obtention de la nationalité française était fondée sur le « droit du
sol ». L’Ancien Régime autorisait la succession à toute personne né en
France de parents étrangers. Le droit du sang permettait également aux enfants
nés dans un pays étrangers de père français de résider sur le territoire. Le
Premier Empire réforme ce droit et l’axe sur la nationalité de la personne et
non sur le lieu de résidence, ainsi une loi du 26 juin 1889 confère la
nationalité française à tous étrangers nés en France parvenus à leur majorité.
Le « droit du sol » reste un droit fondateur de la politique
d’immigration.
Au
début du XXe siècle, la faible croissance démographique en période
d’industrialisation pousse la France à rechercher de la main d’œuvre dans les
pays frontaliers : les Belges, les Espagnols et notamment les Italiens
viennent participer activement au développement économique français. Cependant
la France connaît une crise démographique à la veille de la Première Guerre
mondiale, elle fait donc appel aux populations coloniales des pays d’Afrique du
Nord. Pendant l’entre-deux-guerres, le gouvernement institue une carte de
séjour tandis que l’immigration se développe avec les réfugiés politiques des
pays de l’Est. La gestion des populations migrantes est d ‘avantage gérée
par les organisations patronales (dont la Société générale d’Immigration fondée
en 1924). Les patrons industriels organisaient les allers et venus de la main
d’œuvre jusqu'à la mise en place de la politique de regroupement familial des
années 1970 qui imposa la fermeture des frontières.
Les
lois sur la nationalité sont reformées en 1927, la France restreint le droit
des étrangers en France avec par exemple la loi Armbruster (mai 1933) qui
confère exclusivement le droit de pratique aux français titulaires d’un
doctorat de médecine. Ou par exemple la loi de juin 1934 qui interdit
l’inscription au barreau des Français naturalisés depuis moins de 10 ans. En
1934, le gouvernement aide au rapatriement des ouvriers volontaires mais en
1935, des retours sont imposés, notamment aux immigrés polonais.
Au
XXe siècle, contrairement à ses voisins anglo-saxons, la France refuse le
principe des quotas de nationalités. Cependant, la loi du 10 août 1932 accorde
la priorité du travail des citoyens français dans les entreprises. De plus, la
position aléatoire des bureaux administratifs permettant la sélection des
nationalités entrantes sur le territoire privilégiaient certaines populations.
La chute du gouvernement du Front
Populaire conduit l’Etat français à une politique plus libérale qui provoque
l’accélération des naturalisations. Néanmoins le Régime de Vichy organise une
répression des populations immigrées en créant une Commission de révision des
naturalisations opérées depuis la réforme de 1927. Celle-ci se met en en place
dès juillet 1940 tandis que la loi du 4 octobre 1940 permet l’internement des
ressortissants étrangers de race juive dans des « camps spéciaux ».
Les étrangers perdent peu à peu le droit de libre circulation sur le sol
français et la protection du « droit du travail ».
A partir de 1945, la politique
d’immigration privilégie le regroupement familial et permet ainsi aux étrangers
d’acquérir de nouveaux droits tel que sur l’allongement de la durée de séjour.
L’immigration prend alors un détour étrange : l ‘immigration se veut
durable, familiale et protectrice du travail pendant que les administrations
font cessées l’installation des travailleurs étrangers et poussent sans succès
les travailleurs nord-africains vers l’Algérie entre 1978 et 1980.
Progressivement, la France met en
place sa propre politique à l’égard de l’immigration. La naissance de l’Office
national d’immigration le 2 novembre 1945 entraîne celle des cartes de séjour
de un, cinq et dix ans. A la fin de la guerre d’Indochine, les accords de
Genève permettent le rapatriement d’environ 5 000 Français d’Indochine dans des
Centres d’accueil des Français d’Indochine. Les juifs marocains sont à leur
tour logés dans des centres de transite après les accords d’Evian. La Société
nationale de construction de logements pour les travailleurs algériens et leurs
familles créée en 1956 règle progressivement le problème d’habitation des
populations issues du Maghreb en construisant des foyers en Ile-de-France. Mais
une grève des loyers démarrent contre la société invoquant des « troubles
à l’ordre public », on assiste alors à l’expulsion symbolique de 18
migrants.
Suit ensuite une période au cours de laquelle l’autorité publique
favorise l’immigration française afin de satisfaire à la demande de main
d ‘œuvre des années 1960, de plus la crise économique des années 70 pousse
l’Etat à mettre en place un contrôle des flux migratoires. Les circulaires
Marcellin – Fontanet de 1972 accordent une carte de séjour aux possesseurs d’un
titre de travail et limitent les régularisations.
Les regroupements familiaux deviennent la plus grande partie de
l’immigration légale sous Giscard d’Estaing. En 1980, la loi Bonnet facilite
les expulsions d’immigrés clandestins et durcit les conditions d’entrée sur le
territoire, des grèves de la faim organisées entraînent la suspension partielle
de la loi. L’immigration tente de retarder le vieillissement de la population.
A partir de 1981, les socialistes assouplissent les conditions de
séjour des immigrés, régularisent une
masse important d’immigrés en situation irrégulière et annulent la loi Bonnet.
La loi 84-622 met en place 3 ans plus tard un titre unique de séjours dissocié
du titre de travail. Le gouvernement propose un programme de réinsertion des
travailleurs étrangers dans leur pays d’origine.
En 1986, pendant le changement de pouvoir, Charles Pasqua (ministre de
l’intérieur) fait adopter la loi n°86-1025 du 9 septembre 1986. Celle-ci
restreint l’accès à la carte de résident et facilite les expulsions d’étrangers
en situation irrégulière. Des protestations suite à l’expulsion de 101 Maliens
poussent le gouvernement à adoucir la loi Pasqua. Entre temps l’Office national
d’immigration est renommée Office des migrations internationales. Michel Rocard
déclare que « la France ne peut accueillir toute la misère du
monde », le gouvernement crée le Haut conseil à l’intégration.
Le gouvernement Lionel Jospin met en place un nouveau processus de
régularisation d’étrangers en situation irrégulière. De plus, l’acquisition
« automatique » de la nationalité française renforce la loi du droit
du sol. En 2003, la lutte contre l’immigration clandestine se renforce et la
carte de résident devient un critère d’intégration plus important. Les
associations dénoncent un non respect des droits fondamentaux vis-à-vis des
étrangers.
L’Union européenne entreprend de faciliter le regroupement familial en
harmonisant les politiques d’immigration des pays membres. Ainsi une directive
fixe en 2003 des normes pour l’accueil des demandeurs d’asile.
Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, modifie le délai de demande
de regroupement familial (il passe de 12 à 19 mois) par un la loi relative à
l’immigration et à l’intégration qui autorise également l’emploi de la main
d’œuvre étrangère suspendue depuis 1974 cependant elle reste limitée a des
domaines tels que l’hôtellerie-restauration, la construction, les travaux
publics, les travaux saisonniers et les professions commerciales. Les
associations restent critiques envers ce système présenté comme une
« immigration choisie » par les représentants de l’Etat. En 2007, cet
aspect « immigration choisie » se concrétise d’avantage selon la
volonté de Nicolas Sarkozy devenu président de la République. Un amendement
impose une maîtrise de la langue française.
La France demeure un pays
d’immigration privilégié par son activité économique et sa qualité de vie. En
effet, sa position géographique européenne et sa réputation mondiale lui
confère une attraction des flux de population dans le monde. Cependant, l’arrivée
de plus en plus conséquente des étrangers sur le sol français remet en cause
leur intégration civique. La France se doit aujourd’hui de réfléchir sur cette
question aux réponses controversées tout en étant confrontée aux idéaux passés
et présents.
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L’intégration des étrangers en France implique-t-elle l’octroi du droit de vote ?
Exercices de la citoyenneté, République et particularismes.